Porter du Made in Africa: c’est aussi du luxe!
Les Gros Dossiers

Porter du Made in Africa: c’est aussi du luxe!

La sortie du film Black Panther : Wakanda Forever a suscité de l’engouement autant des fans que des stars. 

Des premières ont été organisées dans plusieurs pays et à chaque fois , les invités ont rivalisé de créativité et d’audace avec des tenues plus originales les unes que les autres . 

Cependant , bien que ce fut magnifique de voir un sursaut de fierté envers le continent africain , il n’en demeure pas moins que ce sentiment est occasionnel, voire rare chez nos influenceurs. 

Pour situer le contexte, un influenceur est une personne qui, grâce à son exposition sur Internet, a une influence sur les internautes qui le suivent et sur leurs décisions d’achat. 

En Afrique, les plus connues sont Coco émilia Biscuit de mer  et Emmanuelle Keita avec plusieurs millions de followers sur les réseaux sociaux. 

Même si nous sommes aujourd’hui 8 milliards d’habitants sur terre , 3,3 millions d’audience n’est pas chose négligeable.

Et comme la définition de l’influenceur le dit si bien , ces personnes ayant la lumière sur elles influencent les comportements , la consommation et parfois les idéologies de tous ceux qui les suivent. 

Il est aisé pour nous d’exhiber fièrement des marques importées , des montres , chaussures , boissons ,etc

La définition de la richesse et de la réussite passe aujourd’hui  sur les réseaux sociaux par l’acquisition de certaines marques . Ils sont signes d’aisance , d’une certaine supériorité .

Il n’est pas rare de voir ceux que nous suivons faire des razzias dans des maisons mères de certaines marques occidentales et américaines.

Est-ce à croire que les marques africaines sont elles ,signes de pauvreté ? 

Est-ce à croire que la qualité de la  production locale ne pourra jamais égaler celle extérieure ? 

Est-ce qu’à croire qu’appartenir à un continent et le montrer fièrement ne sera que l’apanage des grandes occasions ? Comme dans les mariages nigérians, yorubas  ou ivoiriens, seule occasion pour les superstars de se draper fièrement de leurs tissus traditionnels.

Le Kanvô, le Guélé, le Dan, les tenues Akan et autres n’est porté par nos superstars qu’à l’occasion d’un mariage, une dote ou dans un clip spécifique.

Comme la Superstar Davido du Nigéria, dans le célèbre clip 1 Milli, où il porte au même titre que les figurants, des tissus africains soigneusement cousus.

L’une des rares apparitions de la star nigériane dans une tenue locale contrairement à son look quotidien fait de complets de marques importées.

Quand il s’agit d’un dîner à la Mairie de Houston, Emma Lohoues, l’influenceuse, entrepreneure et actrice ivoirienne porte une magnifique tenue en tissu africain mais avec une touche d’accessoire importé.

C’est pourtant elle qui affiche à volonté ses nombreux achats dans les grandes maisons de luxe européen à chacun de ses voyages hors du territoire africain.

Celle-ci a déjà claqué des sommes exorbitantes dans l’achat d’accessoires, sac, chaussures, montre, ou encore plus pour une peluche personnalisée de la marque FF.

Pendant ce temps, Doudas fabrique de magnifique peluche Made in Côte d’Ivoire avec du polyester et du taxi wax africain.

Au Mali, le bazin est l’un des tissus cultes et celui le plus convoité. Mais les apparitions de l’influenceuse Diaba Sora sont la plupart du temps en marques importées.

Le tissu ne sera majestueusement enfilé que lors des célébrations musulmanes reconnues dont la Tabaski avec plusieurs bijoux entièrement en or et jamais sans un accessoire importé.

Au Cameroun, que ce soit Marcelle Kuetche, Muriel Blanche ou Coco Emilia s’affiche très peu avec des marques africaines. 

Tout porte à croire que pour s’affirmer et maintenir ses standards, il faut du Made in Germany, Italy, England, US, London, Vietnam, Turkish, China ou Dubai.

Le made in Africa manque de visibilité car les premières personnes qui devraient la mettre en avant s’en déroutent.

Nous faisons chaque jour la publicité des produits des autres gratuitement.

Et si nous commencions à célébrer nos produits, nos artisans et la créativité du continent ? 

Tout comme la créatrice de Funkè House du Bénin, Pamela Nze Asseko qui porte dignement ses créations exclusives en pagne tissé.

Imaginez une Afrique où les liqueurs artisanales composent les apéritifs des cocktails dînatoires à la présidence, au mariage, aux cérémonies de dote, aux anniversaires, au gala ou au dîner d’affaires.

Imaginez également une Afrique ou le costume est dignement remplacé par les complets faits des nombreux tissus traditionnels dont le Bogolan, le Kanvô, le Akan et autres. 

Imaginez aussi une Afrique où l’on porterait fièrement les sandales, baskets, mocassins des producteurs locaux à la place des chaussures de marques importées.

Des accessoires qu’on afficherait avec fierté aux colloques, foire, assise et dans les grandes institutions.

YPADA donne une nouvelle définition de l’influenceur africain.

Il est toute personne qui participe de loin ou de près à l’émancipation de l’Afrique , au rayonnement de l’Afrique , à l’éducation de sa jeunesse , à l’exposition et l’exportation de nos richesses au-delà des frontières et qui inspire ceux qui le suit à en faire autant.

Pas besoin de millions de followers, chacun à notre niveau, nous avons la capacité d’être influenceur du made in africa. 

La première étape : consommer local

Et si vous doutez encore , YPADA compte plus de 700 raisons de dire que le Made in Africa existe !

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